Pandémies de grippe. Saison III: les pandémies et leur virus

Disons d’emblée qu’il ne va s’agir ici que de virus grippaux de type A dont le réservoir majoritaire se trouve dans le monde aviaire (cf. Les pandémies de grippe Saison I et Saison II). En parallèle à cette histoire de pandémies, les virus exclusivement humains de type B circulent toujours sous forme épidémique. Ces virus ne changent pas d’identité brusquement par réassortiment. Continuer la lecture de Pandémies de grippe. Saison III: les pandémies et leur virus

Pandémies de grippe. Saison II: comment une pandémie de grippe peut survenir.

La Saison I a introduit la notion de pandémie et a mentionné qu’elle survient lorsque l’immunité contre l’agent infectieux circulant n’existe pas dans la population. C’est évidemment le cas pour les pandémies causées par les virus de la grippe. Mais, d’où viennent ces nouveaux virus ? Comment sont-ils introduits dans la population humaine ? Continuer la lecture de Pandémies de grippe. Saison II: comment une pandémie de grippe peut survenir.

Pandémies de grippe. Saison I: c’est quoi une pandémie ?

On parle de pandémie lorsqu’un agent infectieux se répand sur toute la planète ou du moins sur un vaste territoire, comme un ou plusieurs continents. On la distingue de l’épidémie qui affecte des zones restreintes d’un continent, d’un pays, voire d’une région, laissant des territoires non touchés par la circulation de l’agent infectieux. Continuer la lecture de Pandémies de grippe. Saison I: c’est quoi une pandémie ?

La deuxième ligne de défense, celle qui fait le ménage

Dans un article précédent (cf. La gardienne de la porte), la première ligne de défense face à une infection virale, la réponse innée, a été décrite. Malgré son efficacité incroyable et grâce à des stratégies virales qui neutralisent ou contournent cette défense, l’infection réussit parfois à s’établir et à proliférer. Continuer la lecture de La deuxième ligne de défense, celle qui fait le ménage

La gardienne de la porte

Pour faire leurs infections, les virus « entrent » dans l’organisme. Les portes d’entrée sont multiples. Des différents orifices qui trouent notre corps, en passant par les tissus qui les bordent, sans parler des voies d’entrée accidentelles que représentent des coupures, des égratignures, des blessures infligées consciemment (chirurgie, tatouages, scarifications etc.) ou non. Continuer la lecture de La gardienne de la porte

rVSV-ZEBOV, le vaccin qui contrôle les épidémies du virus Ebola

En date du 8 mai courant, une nouvelle épidémie de virus Ebola a été officiellement déclarée dans un district du nord-ouest de la République Démocratique du Congo. Le 28 mai on dénombrait, selon le rapport de l’OMS, 54 cas, dont 25 décès. Continuer la lecture de rVSV-ZEBOV, le vaccin qui contrôle les épidémies du virus Ebola

La science a tué les dieux. Vive la science, sauf que…

Les dieux ont été inventés par les hommes écrasés par le poids de l’inconnu, de l’inexpliqué, de l’angoissant. Le jour, la nuit, l’immensité de la voute céleste, le tonnerre, les tempêtes, les volcans, il fallait bien prétendre que ces phénomènes fussent orchestrés par des êtres supérieurs, pour s’en affranchir tant soit peu, et qui sait, infléchir les conséquences parfois terribles de leurs actions. Rapidement, des petits malins ont prétendu pouvoir entrer en contact avec ces dieux, savoir comment calmer leur colère, mériter leur clémence ou au contraire susciter leur vengeance punitive.

Avec la compréhension des phénomènes et la connaissance de leurs causes, plus besoin de dieux. On pouvait imaginer dans le même mouvement, que les petits malins perdent également de leur pertinence et que l’organisation mise en place pour diffuser les volontés divines et surveiller leur bonne observance ne soient plus d’actualité. Il n’en est rien. C’est vrai qu’il reste le vertige de l’immensité de l’univers où l’homme doit admettre de devenir au fil du temps un infiniment rien, et le vertige de l’après vie où il doit admettre que ce rien disparaisse. Un détail, ce vertige, surtout qu’il se passe dans l’imaginaire, et qui a peur d’imaginer le vertige ? Théorie que tout ça.

Revenons sur notre bonne vieille terre, ancrés dans la réalité, aux Pays Bas par exemple. Là, il y a encore un dieu, un dieu terrible, un dieu protestant. Un dieu protestant contre les conclusions de la science qui explique, preuves à l’appui comme il se doit, que le virus de la rougeole peut être contrôlé par la vaccination. Allez savoir pourquoi un dieu prend des positions aussi tranchées. Peut-être qu’il rechigne à admettre que son temps est passé ou qu’il met du temps à miser sur le vertige existentiel. Une fois, on ne comprenait pas les phénomènes, maintenant on ne comprend plus les dieux. Quoiqu’il en soit, ce dieu a conservé des petits malins qui se chargent de répandre sa volonté. Ce qui rajoute un élément de complexité, parce qu’on pourrait toujours dire que ce sont les petits malins qui ne l’ont pas bien compris ou qui veulent le mal comprendre. Ça, c’est le problème du dieu terrible. Ça ne nous gênerait pas plus que tant, qu’il ait un problème avec ses sbires. Sauf que sur notre bonne vieille terre, aux Pays Bas en 2013 par exemple, les conséquences d’un tel égarement sont réelles. Dans une région centrale qui va de l’ouest vers le Zélande, appelée la « ceinture biblique », habitent un nombre important de protestants conservateurs. Ces derniers sont, entre autres particularités, réfractaires à la vaccination, avec pour conséquence que le taux de vaccination anti-rougeole, est bien en dessous du pourcentage (>95%) nécessaire à empêcher la circulation du virus. Arrive, ce que la science a prévu qu’il arrive, la rougeole fait des épidémies parmi les jeunes adolescents non vaccinés avec des conséquences d’autant plus graves qu’ils ne sont plus des enfants en bas âge.

Fait intéressant, même s’il est attendu, le profil géographique des épidémies est directement superposable à celui de l’habitat des protestants conservateurs réfractaires à la vaccination (comparer la figure de droite avec celle de gauche). Ainsi, tout s’explique « scientifiquement ». Pourquoi diable avoir encore recours à un être supérieur pour calmer la peur des encéphalites. A moins que ce ne soient les petits malins qui ne veulent pas comprendre que leur dieu voudrait bien qu’on lui lâche la grappe, difficile de renoncer au privilège d’être prétendument connecté avec le très-haut.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, voir Faits et méfaits de la rougeole.

Les faiseurs de virus

Les virus sont des organismes biologiques simples composés d’un génome qui contient toute l’information pour les reproduire, génome  entouré par une coque de protection (cf. Un virus c’est quoi). Cette forme correspond à la particule virale requise pour la transmission du virus de cellules à cellules, cellules dans lesquelles les virus se multiplient (cf. Un virus ça se multiplie comment). Les virus pour continuer à exister, ce qui constitue leur unique finalité, passent donc par des cycles obligés de transmission-multiplication. Continuer la lecture de Les faiseurs de virus

Se vacciner pour prévenir le cancer, comment ça marche ?

Disons d’emblée qu’il n’est pas question ici de l’utilisation thérapeutique de la vaccination contre le cancer. C’est-à-dire de la mobilisation des systèmes de défense contre un cancer existant, dans le but de détruire les cellules cancéreuses, selon un mécanisme similaire à celui intervenant dans la destruction des cellules infectées par un virus. Continuer la lecture de Se vacciner pour prévenir le cancer, comment ça marche ?

Les virus évoluent, Zika l’a fait, hélas ….

Le virus Zika est connu depuis 1947, lorsqu’il a été isolé d’un singe dans la forêt Zika en Ouganda. Pendant des décennies, il a infecté épisodiquement des humains en Afrique et dans le Sud-Est asiatique, provoquant peu de symptômes et passant de ce fait inaperçu. Ce n’est qu’en 2007 qu’il cause des épidémies ravageuses en Micronésie et plus tard, en 2013-2014, en Polynésie française. En 2015, il se répand rapidement en Amérique du Sud Continuer la lecture de Les virus évoluent, Zika l’a fait, hélas ….

Halte aux rumeurs concernant les vaccins

Une bande dessinée par Maki Naro  se prête particulièrement bien pour évoquer   le mouvement anti-vaccination qui depuis une dizaine d’année vient saper les efforts développés pour tenter de contrôler, voir éradiquer un certain nombre d’infections virales et bactériennes. Cela se lit comme une bande dessinée. Continuer la lecture de Halte aux rumeurs concernant les vaccins

Le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et son infection

Dès sa description en 1983 (cf. Émergence d’un virus. Saison III..), le VIH a suscité un effort de recherche exceptionnel tel que, trois décennies plus tard, il est vraisemblablement le virus sur lequel on a le plus d’informations. Cette recherche a permis la disponibilité de toute une batterie de médicaments anti-viraux (ce qui n’est pas la règle en virologie), qui, s’ils sont en mesure de limiter la multiplication virale à un taux non toxique, ne peuvent pas éliminer le virus de l’organisme infecté, autrement dit guérir de l’infection. Continuer la lecture de Le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et son infection

Les virus des hépatites : tout un alphabet

Le terme d’hépatite fait référence à une réaction inflammatoire du foie. Cette inflammation peut avoir diverses causes allant des substances toxiques (alcool, produits chimiques naturels ou de synthèse …) à des infections par des bactéries, des virus ou des parasites. En regard des agents infectieux, Continuer la lecture de Les virus des hépatites : tout un alphabet

Histoires extraordinaires. Saison III :« Les virus oncolytiques »

Préliminaire 1. Les virus sont des organismes biologiques très simples dont le but est de continuer à exister (cf. Un virus, c’est quoi). Cette existence se réalise dans l’infection de cellules dans lesquelles les virus se multiplient (cf. Un virus, ça se multiplie comment). La survie des virus après multiplication dépend de leur capacité à se propager et à infecter de nouvelles cellules (dans de nouveaux organismes), Continuer la lecture de Histoires extraordinaires. Saison III :« Les virus oncolytiques »

Histoires extraordinaires. Saison II : « Des virus au secours d’enfants souffrant d’immunodéficience sévère »

Plusieurs préliminaires sont utiles pour suivre cette histoire extraordinaire.

Préliminaire  viral d’abord. Son caractère d’organisme intracellulaire obligatoire fait d’un virus un outil spécialisé dans l’introduction dans les cellules de gènes nécessaires à sa multiplication (cf. Un virus, ça se multiplie comment ?). Pour les rétrovirus, cette spécialité va jusqu’à introduire les gènes viraux dans le génome des cellules infectées. Continuer la lecture de Histoires extraordinaires. Saison II : « Des virus au secours d’enfants souffrant d’immunodéficience sévère »

Histoires extraordinaires. Saison I : « Des virus au secours de milliers d’espèces de guêpes ».

Il y a quelques années, à la fin d’une conférence portant sur la nature des virus, un auditeur, ingénieur de son état, m’a posé la question de savoir si les virus, que l’on connait essentiellement comme des vecteurs de maladies, pouvaient avoir des « qualités » positives. Il était en effet inconcevable pour une personne profondément croyante de penser que Dieu puisse avoir créé un organisme sans valeurs ajoutées. Continuer la lecture de Histoires extraordinaires. Saison I : « Des virus au secours de milliers d’espèces de guêpes ».