Tous les articles par LaurentRoux

Vaccinons-nous, vaccinons-nous, sinon….

La vaccination protège des formes graves de la Covid 19 chez les personnes à risque. La vaccination empêche la saturation des hôpitaux, permettant par là même la prise en charge de toutes les personnes nécessitant des soins hospitaliers. La vaccination protège tout un chacun (jeunes et moins jeunes) de l’infection par le Sars Cov-2 et de ses effets délétères à moyen et long terme. La vaccination ce n’est pas qu’une affaire individuelle, c’est une responsabilité de société. Tous ces arguments sont répétés, jour après jour dans tous les médias, et c’est juste et bon qu’ils le soient. Mais il est un argument dont on ne parle pas et qui pourtant devrait chapeauter tous les autres, c’est celui de l’effet de la vaccination sur l’évolution du virus. La vaccination élève une barrière immune à l’existence même du virus. Cette barrière est d’autant plus haute que le nombre de vaccinés est grand. Plus la barrière est haute, et plus la force de sélection pour un variant échappant à cette immunité est grande. La seule possibilité de contrer cette force de sélection, c’est d’annuler le plus possible l’émergence des variants. Pour limiter l’émergence de ces variants, il n’y a pas d’autres solutions que de maintenir la multiplication virale en dessous de celle apte à produire ces variants. Vacciner c’est bien, mais vacciner insuffisamment ne fait qu’élever la force de sélection d’un variant échappant à l’immunité ambiante. La vaccination doit atteindre le niveau auquel le virus ne trouve plus d’hôtes susceptibles de supporter sa multiplication. Ainsi, se contenter d’atteindre de objectifs de santé publique sans limiter au maximum la propagation virale, c’est peut-être limiter les dégâts d’une vague 3, épisode 1, mais c’est également préparer le terrain pour la vague 1 de l’épisode 2. Vaccinons-nous, vaccinons-nous, sinon, il y a de fortes chances pour qu’il nous reste quelque chose.

Pour en savoir plus sur les variants et leur émergence, lire également l’article Des variants et des hommes.

Des variants et des hommes

Disons d’emblée que, pour un virologue averti, l’émergence des variants fait partie du jeu. Il n’y a, pour s’en convaincre, que de prendre le temps de lire deux ou trois articles de ce blog : La quasi-espèce, une hétérogénéité génétique extrême, Les propriétés de la quasi-espèce, Les virus ont une capacité d’adaptation formidable. Continuer la lecture de Des variants et des hommes

Mortalité comparée en Suisse, années 2015-2020, effets COVID-19

La Covid-19 a frappé en début d’année 2020 et a depuis passablement bouleversé notre mode de vie. Cette maladie a été associée, entre autres, à une crise sanitaire planétaire plus ou moins maîtrisée selon les pays, mais conduisant partout à la mort d’une fraction de la population infectée par le SARS-CoV-2. Continuer la lecture de Mortalité comparée en Suisse, années 2015-2020, effets COVID-19

Les anticorps neutralisants, quelle histoire !!!

La pandémie de COVID-19 soulève légitimement des questions qui remplissent les colonnes de nos journaux préférés. Une part de ces questions concerne le déroulement de l’infection par le SARS-CoV-2, et plus précisément le statut de la vaste majorité des personnes guéries de la COVID-19. Sont-elles maintenant immunisées contre une nouvelle infection ? Continuer la lecture de Les anticorps neutralisants, quelle histoire !!!

SARS-CoV-2, le nouveau Coronavirus qui met le monde en émoi

Les Coronavirus tiennent leur nom de l’aspect de couronne que prend la particule virale vue au microscope électronique. Ils appartiennent à l’ordre des Nidovirales, famille des Coronaviridae, sous-famille des Coronavirinae. Cette sous famille est encore divisée en quatre genres les alpha-, beta-, gamma- et delta-coronavirus. Continuer la lecture de SARS-CoV-2, le nouveau Coronavirus qui met le monde en émoi

La rougeole dans les îles du Pacifique

Des épidémies de rougeole dans les îles Fiji, Tonga et Samoa se sont déclarées cet automne. L’île de Samoa est la plus touchée avec à ce jour (18.12.2019) 5’371 cas déclarés (Gouvernement de Samoa), dont 76 décès, principalement des enfants de moins de 5 ans. Ce taux de mortalité (1/70 cas de rougeole, soit une mortalité de 1.4%) paraît spectaculaire en regard du taux habituellement associé à un décès suite à une encéphalite rougeoleuse aigüe  dans nos contrées (1/3000, 0,033%, cf. La rougeole, faits et méfaits). Ce dernier chiffre, qui n’est déjà pas anodin, est pourtant plus de 40 fois inférieur à celui qui sévit dans les iles Samoa, en ce moment. Tentatives d’explications. Continuer la lecture de La rougeole dans les îles du Pacifique